Mesdames, messieurs, non, ceci n’est pas courir…

Run run run

Parfois j’entends un « j’ai lu ton blog mais tu sais, mais moi je ne vais jamais aller courir« . Souvent, ma réponse balance entre un « je m’en fou, je ne pense pas t’avoir demandé de courir » et un curieux « ah bon pourquoi? » La plupart du temps, c’est le « pourquoi » qui apparaît parce que si des personnes à qui je n’ai rien demandé lancent le sujet, c’est qu’elles ont quelque chose à dire sur la course à pied. Alors, j’écoute. Ce qui est toujours fascinant, c’est que c’est la même réponse qui revient. Cette réponse revient tellement, qu’elle mérite bien un article.

La réponse commune : Parce que je cours déjà…Ah bon, tu cours déjà ? Comment ça ? Je ne savais pas que tu étais joggeur-se. Non non je cours déjà toute la journée. Et c’est là que je me suis dit, Najoua, explique aux gens ce que c’est que courir car, mesdames, messieurs, ceci n’est PAS courir.

Courir après ses enfants

Courir après ses enfants c’est le numéro 1. Les parents, surtout les mères, qui courent après leurs enfants à la maison, sur le trajet de l’école, dans les magasins estiment qu’elles « bougent beaucoup » (je cite). Ce que j’ai entendu aussi c’est « mine de rien » ça fait beaucoup sur une journée. Je me souviens également d’une ancienne collègue qui m’a demandé naïvement « courir après ses enfants ça compte comme un entrainement » parce que j’ai plus 20 ans.

ceci n'est pas courirLes enfants, ça pompe une énergie folle et oui, les parents courent après mais cet effort n’est pas continu. Courir 1 minute puis rien puis 30 secondes puis rien pendant 1 heures puis courir 3 minutes….Ce cumul ne s’appelle pas de la course à pied. Ce cumul s’appelle « avoir des enfants » et avoir des enfants nécessitent un peu de sport. Un peu mais pas de quoi compenser les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé, ni pour perdre du poids, ni pour réaliser un objectif (courir 10 km).

Donc oui, lorsqu’on élève des enfants, il faut leur courir après, mais non, leur courir après n’est pas de la course à pied, ni même un quelconque autre sport. Même si vous trouvez ça fatiguant, exténuant et pompant. Pour évacuer le stress par contre, vous pouvez VRAIMENT sortir courir.

>>>Vous pouvez lire aussi : 

Courir après les train

Une petite dédicace à toutes les personnes qui prennent le train et qui m’ont dit qu’elles couraient déjà après le train et que donc, elles n’iraient pas courir… De fait, si vous passez par une gare à certaines heures, tout le monde courent. La peur de rater son train et d’attendre le suivant dans une gare glauque bruxelloise est souvent une source de motivation pour puiser toute son énergie. Parfois, des gens arrivent à bout de souffle, c’est vrai. Ils ont sprinté sur 50 ou 100 mètres et on peut lire sur leur visage la satisfaction et la joie d’être arrivé à destination. Si l’activité cardiaque a été intense pendant 1 minute, que la respiration est haletante et que vous avez transpiré, vous avez fourni un effort. Bravo. Mais je suis au regret de vous dire que ce n’est pas de la course à pied. Alors, si vous avez un-e coureur-se en face de vous, ne lui dites pas « moi je cours tous les jours, je cours après mon train » dites « je cours 2 à 5 minutes tous les jours après mon train » et vous verrez que vous vous sentirez ridicule de considérer ça comme un sport.

>>>Vous pouvez lire aussi : 

Courir après les transports

ceci n'est pas courirCelui-ci méritait un paragraphe à part parce que « courir après le train » c’est une fois le matin et une fois le soir. Or, les transports en commun, c’est plusieurs fois dans la journée (pour les personnes qui n’ont pas de voitures en tout cas). Pour aller déposer les enfants, pour aller travailler, pour faire les courses, pour rendre visite à tantine, pour emmener les enfants chez la logo, pour les rechercher, pour aller chez le médecin, etc. Et donc, vu le nombre de fois où il faut changer de bus, de métro ou de tram, les gens pensent qu’il est légitime de considérer que « courir après un tram puis un bus, puis de nouveau un tram » c’est équivalent à de la course à pied. Alors comment vous dire….non ce n’est pas courir.

Petite parenthèse, j’ai remarqué un phénomène avec les gens qui courent après les transports. Lorsqu’elles sont dans l’action, elle rient ou sourient très fort. Et si elles ratent la cible, elle ralentissent en souriant. J’en ai tiré une conclusion très simple : courir rend heureux, même si on a couru et raté son tram.

(Si vous êtes un peu observateur-trice, vous vous demandez pourquoi j’ai mis une camionnette pour illustrer les transports ? Hé ben je me le demande aussi, je trouvais que ça ressemblait à un bus…no comment)

>>>Vous pouvez lire aussi :

Confessions d’une (ancienne) taille 46 : épisode 1 « Le déclic »

Courir après le temps

Ici, le bien est immatériel mais identifiable. Le temps. Je cours déjà après le temps et donc je n’ai pas le temps de courir. Cette phrase est absurde mais je vous assure qu’on me la sortie. Je suppose que certains estiment que comme il-elles courent après le temps (autrement dit sont débordé-e-s), courir tout simplement ne leur sera d’aucune utilité d’une part et d’autre part, ça les rendra encore plus débordés. C’est comme ça que je l’ai compris en tout cas. Je comprends l’idée de voir le temps filer sous ses doigts mais je pense qu’insérer 3X30 minutes par semaine est à la portée de tous et toutes.

>>>Vous pouvez lire aussi : 

Apprendre à manger équilibré : 4 blocages contre lesquels il faut lutter!

Courir après l’amour, l’argent, les rêves…

Non, on m’a jamais dit « Najoua je cours déjà après l’argent donc je ne cours pas dehors ». Je viens de l’inventer pour dire que l’être humain à une tendance maladive à courir après ce qui ne sert à rien. Autrement dit, à perdre son énergie dans des entreprises abstraites alors qu’il-elles pourraient mettre en place des actions concrètes comme la course à pied. Alors mesdames, messieurs, l’amour, l’argent, les rêves c’est bien mais se fixer des objectifs clairs, c’est mieux. Se dire que je passe de 0 à 5 km puis de 5 à 10 km, etc. est plus mesurable et vous aidera à avancer pour effectivement réaliser vos rêves.

Dans tous les cas, si vous ne voulez pas courir, ce n’est pas grave. Mais plutôt que de vous inventer un sport inexistant, réfléchissez à un sport que vous pourriez aimer. Allé, reprenez le contrôle et avancez, c’est le plus important!

 

>>>Vous pouvez lire aussi : 

Commentaires Facebook
Pas de commentaire

Laisser un commentaire

Retrouver la motivation
Se motiver pour courir : 3 mythes à déconstruire

Comment se motiver pour courir, grande question. Aux grandes questions, les petites réponses suffisent parfois… Il y a quelques jours, je m’apprêtais à sortir courir lorsque j’ai reçu un message. Mon interlocutrice me faisait remarquer que, à cause du vent, les parcs étaient fermés. Elle conclut en écrivant « mais si …

Retrouver la motivation
Non, je n’ai pas couru les 20 km de Bruxelles en 2018….et je le regrette

Non, je n’ai pas couru les 20 km de Bruxelles. Tandis que 40.000 personnes bravent la chaleur, ce dimanche matin, je suis derrière mon ordinateur. Pourquoi ? Je n’en sais trop rien. Et j’avoue, je regrette. Mon agenda était pourtant bien réglé pour être prête le jour j. Mais je …

Retrouver la motivation
Commencer à courir : 3 conseils AVANT de débuter la course à pied

En général, commencer à courir démarre avec une envie forte. Vous avez envie de chausser vos chaussures et de sortir courir ? Mais vous bloquez. Vous n’osez pas. Et si on vous regardait bizarrement ? Ou encore, et si on se moquait de vous et votre « grand âge » ? Et …

Close