Confessions d’une (ancienne) taille 46 : épisode 1 « Le déclic »

Retrouver la motivation

Là, je recueille les « confessions » de Lucinda (nom inventé pour brouiller les pistes…) qui a commencé le running il y a 4 ans, en 2013, à l’âge de 40 ans et avec une taille 46.

Tout a commencé…

…dans une cabine d’essayage. J’ai décidé de m’accorder une journée « shopping », seule. Sans enfants et sans mari. Une journée rien que pour moi à me faire plaisir. Le bonheur. 

J’ai envie de nouveau, de vêtements originaux et aux couleurs vives. Et je prends des tas de vêtements, je me débats avec les cintres. Je choisis minutieusement ma taille (44) voire du 42 car je trouve que depuis quelques semaines, j’ai vachement maigri !

C’est alors que je m’enferme dans cette fameuse cabine et commence ma séance d’essayage. J’enfile une superbe jupe orange, elle reste bloquée en accordéon au niveau des cuisses, je tire, je reprends mon souffle, je re-retire, je rentre le ventre (bien que cela ne sert à rien). Je commence à transpirer. J’abandonne en me disant que certaines marques veulent vraiment faire des économies de tissu !

Je remplace…

taille 46…cette jupette par un pantalon. Les cuisses passent, le derrière aussi… le seul problème est que la tirette ne veut pas se tirer et que le bouton est à 5 cm de sa boutonnière ! Là, ça doit être du 42. C’est certain. J’enlève, je vérifie l’étiquette et là, là…. Je vois du 44 ! Oui, bien évidemment que c’est ma taille ! mais ma taille, elle ne veut plus se fermer… Ma taille serait maintenant du 46 ???!!!! ben, je me regarde dans le miroir ! Je suis assez mince, pourtant ? Il y a un problème quelque part, ce n’est pas clair. Je me mets de profil et je fais le tour du propriétaire. OK, j’ai un peu de cuisses, un peu de ventre, un peu de fesses… mais que le tout ne rentre pas dans du 44 ???!!!

J’abandonne ces vêtements en tas dans la cabine, je me sauve de ce magasin aux vêtements trop petits. Je cours hors de ce centre commercial et rentre à la maison. Emmitouflée dans une couverture et couchée dans mon canapé, j’attends le retour de mon mari.

 Il rentre…

– « Alors, cette journée shopping ? tu as fait de beaux achats …. T’as une drôle de tête, dis ! »

– « C’est la merde, j’ai rien acheté ! tout était trop petit ! même le 44, alors que j’ai maigri ! »

– « Heu…tu n’as pas maigri… tu as même grossi ! »

– « Ben…. Et tu me dis rien ??????? »

– « Si… je te dis de ne pas finir l’assiette des enfants chaque soir ».

Et là, j’en peux plus, je suis en colère… je monte m’enfermer dans ma chambre. Là, je sors ma balance (soigneusement cachée depuis mes grossesses), je me mets nue (un gramme, c’est un gramme !), je prends mon souffle. Avec hésitations,  je pose un pied… waou, l’aiguille est déjà bien haute… je pose le gros orteil du second pied… puis le pied entier. Je descends de cette fichue balance et réajuste bien l’aiguille au niveau du zéro (elle était légèrement au-dessus) et je remonte. Le poids reste inchangé par rapport à ma première montée sur ce pèse-vache…

Je suis déprimée. Je me mets (toujours nue) devant le miroir et je m’effondre ! Mes cuisses sont énormes, mes genoux sont cachés par des coussinets de graisse, mes fesses sont tombantes et tremblent au moindre petits mouvements. Je n’ai plus de sein, ils prolongent mon ventre, j’ai un double menton…. Je pleure tout mon dégoût mais cela ne m’empêche pas de manger mes 3 assiettes au repas du soir.

2 solutions s’offrent à moi…

  • Je continue de pleurer en mangeant tous les jours mes 9 assiettes.
  • Soit je décide de faire un régime et de bouger.

Je choisis la 2ème solution.

taille 46Ainsi donc, je fouille dans mon armoire. J’y trouve un vieux training en coton tâché de peinture, un soutien-gorge d’allaitement (j’ai bien fait de le garder), un tee-shirt reçu gratuitement à une foire et muni d’un logo : Jupiler. Et enfin, je retrouve une vieille paire de basket trouée. Je suis satisfaite, c’est parfait, pour mon tout premier jogging !

C’est dans mon quartier que je décide de faire un premier tour en courant. Je claque la porte de ma maison et Go. Je cours, et je cours vite, facilement…Au bout de 2 minutes, je suis essoufflée, déjà trempée de sueur et je me gratte partout. 

Quand une voiture s’arrête, à son bord, 4 types. Le passager avant baisse sa vitre et me crie : « Hé… va plutôt courir au soleil ! » (je courais à l’ombre). Cette phrase déclenche l’hilarité dans la voiture ! Mais qu’est-ce qu’il a voulu dire…. Tout en courant, je tourne et retourne cette phrase !

C’est à la fin de mon tour…

…en revenant au point de départ que cette phrase prend du sens. Cours au soleil pour faire fondre ta graisse ! Je suis démolie et me dis que le jogging n’est pas pour moi…

Ensuite, je me lance dans la natation. 2 heures à faire de la brasse, du crawl (à ma manière), et parfois la planche. Je me rends compte que je déteste ce sport. Je n’y prends aucun plaisir. J’arrête donc et je prends un abonnement dans un club de zumba. Elles sont drôlement minces mes copines de danse… Je suis l’éléphant au milieu des souris. C’est pour cela que je me mets bien sur le côté pour ne pas voir mon reflet dans ce miroir et je tente de suivre le rythme et la chorégraphie. Je fais tout le contraire de tout le monde. C’est ainsi que je pars à droite quand il faut partir à gauche et vice-versa. Mais je m’accroche et après chaque cours, je me précipite sur ma balance (nue pour le moindre gramme !)… et l’aiguille, elle ne descend pas !

Je suis donc « condamnée » à être grosse, à mettre des jupettes taille 46… Condamnée à l’être parce qu’il ne suffit pas de bouger, il faut aussi réfléchir à son alimentation. Mais plus je bouge, plus je bouffe. Ben oui… Je dépense tellement de calories à la zumba que je pense que je dois manger plus afin d’éviter un malaise. Bref, les « bombes » de la zumba sont insupportables. Elles sont minces et ne se trompent jamais de sens… C’est décidé, j’arrête le sport et j’attends de voir si je vais atteindre la taille 48.

Après quelques mois de rien…

…sur l’intranet de mon bureau, une annonce attire mon attention. Un collègue veut initier d’autres collègues à la course à pied sur le temps de midi, 2 fois par semaine.  La phrase revient immédiatement et en écho : « « Hé… va plutôt courir au soleillll, eil….eil ! ». Je ne fais rien et je retourne à mon travail et en fin de journée, je retourne à mes enfants, à mon mari et mes… assiettes. 

Je n’en peux plus d’être cette « femme » de 40 ans. De même que je n’en peux plus du mot « maman ». Je n’en peux plus de « ma chérie »… je n’en peux plus d’être grosse ! Le lendemain, je relis l’annonce sur intranet, je contacte ce collègue et nous fixons notre premier jogging au jeudi de la semaine suivante.

Le week-end, je m’offre un pantalon de sport (tout large), un tee-shirt et une veste survêtement. J’hésite pour le soutien-gorge sportif. Je limite les dépenses : mon super soutien d’allaitement fera l’affaire. Le résultat est pas mal, je m’admire devant mon miroir en courant sur place. Je suis transformée en joggeuse…

taille 46

Et ce n’est que le début d’une grande aventure… Suite au prochain épisode!

 

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