Confessions d’une ancienne taille 46 : épisode 4 « Les schizophrènes »

Run run run

Vous avez été nombreux et nombreuses à lire l’épisode 1, l’épisode 2 et l’épisode 3 des « confessions d’une ancienne taille 46″….voici….enfin…l’épisode 4 !

Le réveil s’enclenche et « c’est la fête » de Stromae qui est diffusé ! Sous la couette, je fredonne la chanson … ma moitié pousse de légers grognements de mécontentement alors je me lève. Après quelques déhanchements, je m’arrête net ! Mais qu’est-ce qu’elle m’a dit, Najoua !?… Elle a dit : youhou, on a fait notre première course des 5km. On va faire les 20 km de Bruxelles et j’ai… j’ai… j’ai…. dit quoi encore ? Bordel, j’ai dit… O…OU… OUI…OUIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!!!! Ahhhhhhh ! Mais j’ai plus 20 ans moi ! (Najoua non plus au passage mais toutes les excuses sont bonnes…)

Mais comment, j’ai pu dire oui ?! Je suis pas prête mais pas prête du tout ! 20 km !!!! Mais c’est 5km x 4 ! Je me calme sous la douche, je file au travail. Je dois parler de mes angoisses des 20 km à Najoua :

Lucinda : Najoua ! Tu te rends compte, quand même ?

Najoua : Je me rends compte de quoi ?

Lucinda : Les 20…

Najoua : Les 20 ?

Lucinda : Ben… les 20

Najoua : Ben 20 c’est 5 km X 4… en décomposant, les 20 de la sorte… ben, c’est rien du tout, ça ! Nous venons de faire nos premiers 5… on va faire nos premiers 10 et puis nos premiers 15 et puis nos premiers 20 ! et en même temps nos derniers 20 km de Bruxelles! Allez, on peut ! Peut-être pas cette année mais l’année prochaine, Lucinda, nous franchirons la ligne d’arrivée des 20 km de bruxelles, nous mangerons notre banane avec notre belle médaille autour du cou !

A partir de ce moment-là, j’y crois…

Nous sommes en mars, cela fait quelques mois que je cours

En arrivant au bureau, Najoua me dit : « ta silhouette est plus harmonieuse… t’as pas envie de t’acheter d’autres fringues ? Je veux dire des fringues à ta taille » ?

C’est vrai que j’ai drôlement fondu ! Mes vêtements sont tous trop larges mais curieusement je n’ai pas pensé à renouveler ma garde-robes. La semaine suivante, j’aurai 40 ans ! Hein ? 40 ans !!!! je lance à Najoua : « pour mes 40 ans, Najoua, tu vas me voir en robe ».

Bordel ! Je suis cannnonnnnnnn ! Waouw ! j’en reviens pas ! La robe est juste parfaite sur ce corps quasi parfait ! La taille 46 est passée au 38 ! Je suis impressionnée.

Najoua est tellement heureuse de me voir toute gaie, toute belle pour mes 40 ans qu’elle a imaginé un jeu de piste…Après avoir paradé dans ma jolie robe à la coupe et aux courbes parfaites (quasi parfaites, hum hum), j’ouvre mon armoire et là, à ma grande surprise, je vois une enveloppe colorée que je m’empresse d’ouvrir. C’est ainsi que je découvre un premier indice. Pendant une heure, je vais m’amuser à circuler dans tout le bâtiment à répondre à des devinettes avec la complicité des collègues que Najoua a choisi. Je m’amuse comme une dingue ! Les cadeaux sont super chouettes et je reçois des tas de compliments de collègues que je ne croise pas souvent : « waou….mais tu as fondu » « t’es toute jolie » !

Bon, vous devez vous dire : mais pourquoi parler de ce moment ? c’est quoi le lien avec le jogging ?

Ce jour-là, Najoua m’a fait comprendre (je l’entends dire : non, Lucinda, c’est TOI qui a compris toute seule – mais ne la croyez pas hein ) que nous avons le pouvoir de changer des choses dans sa vie. Une vie n’est pas toute figée, toute tracée. Il y a d’autres chemins. Des chemins de traverses parfois aussi des culs de sacs mais peu importe puisque ce sont ces chemins qui sont de loin plus riches que la destination.

Oui, le jour de mes 40 ans, la taille 46 s’est envolée !

Non, pas avec des pilules miracles ou des régimes draconiens mais simplement en bougeant beaucoup, en riant énormément, en m’amusant constamment, en prenant le meilleur de moi-même et ne l’oublions pas en ne mangeant plus d’autres assiettes que la mienne. Oui, ce jour-là, j’ai gagné en assurance, en estime de moi. Je me suis vue courageuse, en 38, déterminée pour les 20 km de bruxelles ! Je l’aurai cette médaille !

C’est parti pour les premiers 10 km (20 : 2 = 10 … c’est beaucoup, ça)

LA Psyrun !

Ça y’est ! Aujourd’hui, c’est le grand jour. Avec Najoua, on s’est inscrites à la « psyrun – 1ère édition» : on va courir pour et avec des schizophrènes liégeois.  Je vais la chercher à la gare et comme d’habitude avant une course, nous sommes en effervescence. Le temps est moche : il fait tout gris et il pleut mais on s’en fout. Je suis excitée de lui montrer que les liégeois et bien.. ils aiment le sport.

Nous allons chercher nos dossards … on l’épingle sur notre tee-shirt. On se dirige vers la ligne de départ et je me rends compte que tout compte fait, les liégeois n’aiment pas trop le sport. Il y a très peu de sportifs. Nous devons être 50 pour cette course. 50 joggeurs et peut-être  tous des joggeurs schizophrènes même et puis, il y a « nous ». Le nous cherche le portique de départ mais il n’y a pas de portique juste un ruban qui est tenu par 2 types (schizoprhènes, très certainement) et de part et d’autre de la piste. Un des deux, crie le décompte. Go, on court.

Pour m’encourager très certainement, Najoua court à mes côtés. Nous faisons un premier tour et en repassant là où aurait dû être le portique, le type au décompte est muni d’un pistolet laser et scanne (comme il peut car il doit aller vite) notre dossard.

Et c’est le deuxième tour. On se rend vite compte, que le tour (1km), nous allons le faire 10 fois et ce tour d’1km et bien, il est chiant, emmerdant, difficile. Je tente de penser à autre chose. On court, on nous scanne, on court, on nous scanne. On court. La course est nulle. Il n’y a personne pour nous applaudir, personne n’a fait le déplacement et Najoua commence à vouloir en finir… elle accélère. Elle fonce. Je ne la vois plus… tiens, elle me dépasse. Je lui demande : il me reste combien tours, Najoua ? j’arrive même plus à compter, je suis perdue. Elle me répond : « 5, je crois. … » A chaque fois, quand elle me dépasse, c’est la même question que je lui pose et elle est énervée, elle ne répond plus… Jusqu’au moment où, elle ne me dépasse plus. D’ailleurs, plus personne ne me dépasse. Je me retourne au cas où mais il n’y a plus personne « suis-je vraiment la dernière » ? Arrivée sur la piste qui mène au scan, je vois les 50 schizophrènes en train de s’empiffrer d’oranges et de biscuits… 2 organisateurs viennent à ma rencontre : allez, vous y êtes, c’est la fin, vous êtes la dernière mais vous y êtes ».

J’y suis ! Je passe la ligne d’arrivée.

Monsieur scan est déjà parti. Je me traîne vers Najoua qui a pu me sauver une bouteille d’eau !

Quand elle a terminé la course, elle m’explique qu’elle a entendu un organisateur dire : « ok, tout le monde est là, c’est fini » ! Elle s’est précipitée vers lui en lui disant : « non, non… mon amie n’est pas encore arrivée ». C’est alors que je comprends pourquoi les 2 organisateurs sont venus à ma rencontre !

Nous éclatons de rire ! La « psyrun », nous nous jurons que c’est la première fois et la dernière que nous la ferons !

Le parcours était trop monotone, ennuyeux. Il n’y avait pas d’ambiance mais qu’est-ce qu’ils courent vite les schizophrènes. Ils ont enclenché leur personnalité sportive sûrement. Est-ce que c’est réglementaire ça ?

Encore aujourd’hui, nous sommes écroulées de rire en y repensant tellement la « psyrun » était en décalage avec ce que nous avions déjà connu en terme de course ! Malgré ça, elle reste un magnifique souvenir. Elle reste LA course de nos tous premiers 10 km ! LA course clé dans notre chemin vers les 20 !

Mais même en arrivant la dernière de la course, j’ai fait mes 10 km et j’en suis fière!

 

 

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